2017

2017. On s’est dit qu’on allait bien faire les choses. Pas sauter de joie, ni vous inviter à le faire sur cette seule raison: 2017. Pas non plus vous faire le coup dépressif d’une année épouvantable qui pointe le nez avec des urnes funestes, de la terreur dans la rue, et d’autre réjouissances annoncées: 2017. Alors, ne sachant comment faire, on s’est tourné vers les marchands de voeux et là, quelle insouciance de notre part, il n’y avait plus rien ou presque, à part quelques souhaits avariés et peu ragoûtants. Il en restait encore de 2016, à faire pleurer. Franchement, je ne vois pas qui pourrait acheter ça…Il y avait bien ici ou là quelques phrases d’auteur, largement disponibles en seconde main sur Facebook, mais qui ne vous conduisent pas bien plus loin que la fin du mois – et encore, si tout va bien d’ici là et si on finit par arriver à les retenir. Décidément toujours en retard, et en fait aussi désemparé devant l’ampleur de la tâche chaque année (ce sont nos neuvièmes voeux, au Vent!), on s’est dit qu’on allait les faire tout seuls, nos bons souhaits pour nos amis, tout à la main, faits à la maison, gratuits, avec les moyens du bord, et garantis sans rime en « ette » (tout a été vendu, on vous l’a dit…).

Donc, les voilà, les choses qu’on aimerait pour vous, et pour nous, ça va sans dire… et en vrac, vous choisirez le mieux pour votre situation: on vous souhaite de grandes épaisseurs de pensée, des invitations à courir dans vos plaisirs, des multitudes qui s’acharneront à vous maintenir à la surface du monde, des vagabondages incalculables mais également des calculs vagabonds, non sans compter toutes sortes de péripéties, cris et culbutes, et chahuts et tintamarres, le tout agrémenté d’une bonne dose de joyeuses incertitudes; on aimerait pour vous dans cette année, la chance d’avoir tout simplifié, l’inqualifiable bonheur d’avoir une fois au moins tendu les bras, la chance d’avoir tout compliqué tant c’est drôle de voir leurs têtes quand ils vous regardent tout emmêler pour tout rendre plus beau. (Au passage, on vous demande de faire tous les efforts du monde pour continuer à exister, sinon à quoi bon espérer vérifier que nos voeux ont été accomplis!). Et comme il est vraiment impossible d’épuiser l’infinité des choses à souhaiter et qu’on a maintenant dans nos têtes, il ne vous reste plus qu’à passer les chercher chez nous, au Vent se Lève!. On vous fera une petit colis d’idées-de-côté, d’histoires-tournesols-à-se-raconter-quand-il-pleut-la-nuit-dans-la-vie , enfin vous verrez bien, nos cales sont désormais pleines. A force, on finit par avoir envie des prochaines années. Allez, passez la porte au moins une fois, mais pas en coup de vent, promis?

 

Jean-Pierre Chrétien-Goni et l’équipe du Vent se Lève!