0177359436

Ecrire la migration, dire l’exil, 26 janvier 9h30-17h

Séminaire du Sujet dans le Cité

 organisé par l’Université Ouverte du Sujet dans la Cité en association avec le Centre de recherche inter-universitaire EXPERICE/Paris 13-Paris 8, en partenariat avec Le Collège international de recherche biographique en éducation

Le sujet dans la Cité. Revue internationale de recherche biographique

Comment mettre en mots et en images la migration et l’exil ? Si tous les genres sont possibles, du témoignage autobiographique à l’écrit de recherche, du récit au texte poétique ou dramatique, de la photographie à l’écriture filmique, pour chacun d’eux son auteur est comptable des formes dans lesquelles il donne à connaître l’expérience migratoire et des points de vue éthiques et politiques dont il l’informe.

La rencontre proposée s’essaiera à éclairer ce débat à travers quelques-unes des voies que peut prendre l’écriture de l’exil et de la migration.

© Photographie de Philippe Bazin: « Réfugié à Onehappyfamily, Lesbos le 28 février 2018. »

______________________________________________________________________________

PROGRAMME DU SÉMINAIRE

Matin
9h30-12h30
Philippe Bazin
. Professeur ENSA Dijon, photographe) & Christiane Vollaire. Philosophe

À Lesbos: interroger les migrations à partir du terrain (photographie documentaliste et philosophie de terrain)

L’île grecque de Lesbos, proche de la côte turque, est devenue en ce début du 21ème siècle un espace emblématique des conséquences destructives des politiques migratoires européennes. Elle est aussi un espace où s’expriment les solidarités, à l’encontre des crispations nationalistes. Elle est à ce titre le lieu de cristallisation d’une double histoire de la Grèce et de l’Europe. Mais aussi le creuset d’une histoire post-coloniale.

Comment interroger toutes ces dimensions, à partir d’un terrain à la fois philosophique et photographique, réalisé en février 2018 ?

Alexandra Galitzine-Leumpet. Anthropologue, Responsable du programme « Non-Lieux de l’exil / No Place for Exile & Displaced Objets », CESSMA, UMR 245)-EHESS. Affiliée à l’Institut Convergence Migrations (218-2021)

La place et la trace : Les inscriptions des exilé.e.s

Partout, sur les murs des villes, des campements et des centres d’hébergement s’affichent des inscriptions et graffitis des exilé.e.s. Attestation de présence au monde, contre les politiques de l’asile, avertissements et écrits politiques, récits de la nostalgie, celles-ci déploient affects et subjectivités. Si toutes ne sont pas produites par les exilé.e.s, mais aussi par des soutiens et des militants, parfois co-produites, cette communication voudrait revenir sur la topographie intime du politique qu’elles révèlent, notamment en s’appuyant sur un corpus scriptural particulier, celui des milliers d’inscriptions des exilé.e.s inventoriées dans le centre de premier accueil de la porte de la Chapelle dans le cadre du programme Liminal. Et de fait, la position de ces écrits est proprement « liminale », interrogeant la nature de la trace, l’adresse et les destinataires, c’est à dire en définitive la place attribuée ou arrachée par celles et ceux qui ont fait l’expérience de l’exil.

12h30-14h Déjeuner

Après-midi

14h-17h
Anne Dubos
. Anthropologue, artiste transmédia

Des corps migrants, dispositifs narratifs et inscriptions identitaires

Du protocole administratif au protocole théâtral, quels sont les modes opératoires qui articulent les récits ? À travers la présentation d’un double travail d’enquête mené tant auprès du centre d’accueil d’enfants migrants au Kremilin-Bicêtre (Centre Enfants du Monde Croix Rouge) qu’à l’OFPRA (Office de Protection des Réfugiés et Apatrides) à Paris, je propose une réflexion sur les notions de protocole et de chaînes opératoires comme ressources à la construction des récits migratoires.

Joël Kerouantan. Écrivain, directeur artistique de la compagnie culturelle OZ
Écrire la mémoire d’habitants issus de l’immigration : enjeux littéraires, enjeux éthiques
À partir de l’ouvrage « Déclaration d’amour et d’anxiété », un livre d’artiste récemment publié avec Thierry Le Saëc aux éditions La Canopée, Joël Kerouatan évoquera son travail d’écrivain dans l’atelier « Mémoires de femmes », en collaboration avec l’association « Lire, écrire, parler » de Château-Thierry (02) – et des femmes venues d’ailleurs.

Salah Al Hamdani. Poète irakien, dramaturge

Bagdad mon amour, suivi de Bagdad à ciel ouvert

Salah Al Hamdani a fui l’Irak de Saddam Hussein en 1975. Il y retourne trente ans plus tard mais son pays est maintenant devenu pour lui un autre ailleurs de l’exil. Les poèmes de Bagdad mon amour disent le vide, la solitude, le néant : « trente années de givre dans l’écriture ».

Avec les voix de Salah Al Hamdani, de Jean-Pierre Chrétien-Goni et de Christine Delory-Momberger