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Art et Démocratie

TEXTE CRIÉ POUR LA PREMIÈRE CÉLÉBRATION DES 10 ANS DU VENT SE LÈVE! ET DU LABEL DEZORDR RECORDS A PARIS LE 21 juin 2018

Considérations sur l’Art et la Démocratie et les manières de faire du Vent se Lève!

Je m’appelle Karine j’ai 27 ans je n’ai jamais voté je m’appelle Michel  32 ans et vraiment ils sont tous pourris qu’ils fassent leurs trucs entre eux  je m’appelle José 45 ans je ne suis qu’un pion dans la boîte qu’on me laisse vivre ma vie je m’appelle Karim 35 ans même les syndicats chez nous ils ne représentent plus rien ça ne me concerne pas  je m’appelle Christophe 28 ans bonjour la participation dans l’entreprise ma vie elle commence à 17h01 je m’appelle Aminata  22 ans les débats ça me gave, toujours les mêmes rengaines toujours les mêmes qui parlent je m’appelle Asker j’ai 30 ans je fais des films sur mon placard de merde je m’appelle Laurence je suis créative chronique et je parle quand je veux avec mes voix dans la tête je m’appelle  Jacques 24 ans droite gauche gauche droite moi je vote uppercut, le reste…on verra à la sortie de la zonzon je m’appelle Mourad 38 ans j’ai écris au député pour le logement de ma mère et rien il s’en fout débrouille toi je m’appelle Jennifer  19 ans je sais pas si je veux des enfants dans leur société de déprimés je m’appelle Sonia 21 ans moi je vote pour moi vive moi je m’appelle Dimitri 23 ans moi c’est l’informatique les jeux les potes alors tu vois l’engagement dans l’entreprise… je m’appelle Jim 51 ans j’ai perdu mon emploi et là-haut, ils  empochent à pleine mains, et la confiance dans le collectif, ça me fait rire…

Je m’appelle Walt Whitman je suis poète et aventurier je m’appelle Amartya Sen je suis prix Nobel d’Economie je m’appelle Edouard Glissant je suis autonomiste  antillais et poète je m’appelle Jean Jacques Rousseau je suis philosophe je m’appelle Edgar Morin je suis un intellectuel je m’appelle John Wellington je suis essayiste anti-américain

Et je dis que la démocratie c’est une histoire d’amour qui a finit par s’épuiser, parce qu’on en a pas pris soin parce qu’on a pas bien regardé parce qu’on a cru que c’était acquis et je dis que la démocratie ça n’est qu’un rêve mais un rêve qui fait avancer les sociétés des hommes et que ça marche tant qu’on y croit individuellement et collectivement je dis qu’on s’est laissé faire avec les accablantes nécessités et les pragmatismes gris qui affirment que rien ne peut-être autrement pas de marge de manoeuvre je dis: pas de choix, pas de politique ni dans la société ni dans les sociétés je dis qu’on a la démocratie que nos imaginations méritent je dis que la démocratie il faut la désirer il faut la désirer parce qu’elle est belle et que cela suffit pour la reconsidérer dans notre quotidien de travail et notre quotidien de vie

Je m’appelle Jean, Mona, Claude, Anthony, Aurore, Bénédicte, Azat, Mathias, Najat, Loïc Edouard Christian Stefanie Amadéus je suis comédien danseuse musicienne écrivain peintre jongleuse photographe sculpteur cinéaste marionnettiste crieur public

j’ai 17 ans 20 ans 34 ans 76 ans 21 ans 44 ans 66 ans 27 ans

je sers à ouvrir les imaginaires à aider les gens à réapprendre à rêver à ré-envisager des possibles dans des pensées embouteillées je sers à tordre le cou aux fatalités annoncées je fais chanter les mots atones je fais couler un peu de soleil dans une brume au coeur de ta ville, je te dis regarde autrement je te dis vas y lance toi ose ton courage à force ils finiront par s’habituer je te dis vois d’un jour nouveau je te dis prends le problème autrement je te dis la sensibilité doit émouvoir la raison et la rappeler à ses humanités je t’invite toi et tous les autres sur nos chantiers communs sur ce qu’on fait ensemble et pourquoi on le fait et quelle force nous avons  s’engager ça fait lever la tête

Je m’appelle Audrey, je m’appelle Hélène, je m’appelle Nicole, je m’appelle Jean-Pierre, je m’appelle Joris, je suis un lieu d’art et de culture à Paris où paraît-il, le Vent se Lève j’ai 10 ans  j’invente, je flotte, je sombre, je resurgis, j’évade les idées et les désirs en creusant des tunnels de vie sous la terre je parle, je ne me tairai que mort dans le film je théâtre je filme je gueule j’écris je dé-prisonne je déborde de débordements compulsifs je suis ainsi le vent qui se lève on ne saura jamais quand il va se lever le vent qui se lève je suis un lambeau d’utopie j’essaie de  créer avec tous des gestes de politique et de démocratie qu’on rêve haut ici une démocratie contributive, qui va chercher la parole solliciter les personnes en mouvement incendiaire d’eux même et donc et donc et donc nous exalter de leurs ferveurs cachées tues secrètes

J’ai imaginé des exercices d’inouïes tentatives d’être poussés par des artistes en tout genre qui décrochent les imaginaires comme on décroche la lune ils savent faire cela des exercices qui embarquent enclenchent déclenchent en Voix Collectives en Cartographies des possibles en scènes de salut en criées poétiques,  à chercher en définitive à balancer dans l’atmosphère délétères de nos encours des manifestes des lois nouvelles des rien sur nous sans nous en grand théâtre de parlement imaginaire éphémère 

Cela a duré 10 ans et continuera  un jour trois jours six jours un mois un an  dix années de supplément tant qu’on croira que les choses iront comme on croit ensemble qu’il est  bien qu’ils aillent.

Emparez vous d’eux avec nous qu’ils finissent par devenir autres dans vos autres mains dans vos autres têtes et que mille fleurs fleurissent sur nos terres.

texte de  jpcg